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Vos crédits en cours : établir un état des lieux fiable

Pour faire le point, rassemblez chaque crédit et paiement en cours, notez les mensualités et les montants restant dus, puis comparez-les à vos revenus et dépenses essentielles. Ce bilan ne prédit pas à lui seul une difficulté, mais il permet de repérer les tensions et de choisir les prochaines démarches.

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Un homme rassemble plusieurs porte-clés dans une boîte près d’un mur clair.

L’essentiel

  • Recensez les prêts personnels, crédits renouvelables, cartes de magasin et paiements fractionnés encore actifs.
  • Vérifiez chaque mensualité et chaque solde sur un relevé récent ou auprès du prêteur.
  • Le taux d’endettement donne un repère, mais le reste à vivre révèle mieux la marge du foyer.
  • La limite de 35 % concerne les crédits immobiliers, pas l’ensemble des crédits à la consommation.
  • Des retards, un découvert fréquent ou un nouveau crédit pour payer les anciens signalent une tension à traiter.

Tous les guides de la rubrique « Faire le point sur ses crédits »

Faire le point sur ses crédits consiste à établir une liste complète des engagements en cours, de leurs mensualités et de leur capital restant dû, puis à les rapprocher des ressources et des dépenses du foyer. Commencez par les relevés bancaires et les échéanciers, sans vous fier uniquement à votre mémoire. Vous obtiendrez une photographie utile pour anticiper une difficulté, discuter avec un créancier ou comparer des solutions.

Quels engagements devez-vous inclure dans votre bilan ?

Retenez tout ce qui entraîne encore un remboursement ou un prélèvement lié à un financement. Il ne s’agit pas seulement des prêts personnels : une réserve associée à une carte, un achat payé en plusieurs fois ou un découvert utilisé de façon récurrente peuvent aussi peser sur le budget. Pour commencer, vous pouvez recenser les crédits à la consommation encore en cours à partir de vos comptes et de vos contrats.

  • Prêts personnels ou crédits affectés, avec leur mensualité et leur échéance habituelle.
  • Crédits renouvelables et réserves utilisées, même si le contrat est associé à une carte de magasin.
  • Paiements fractionnés qui n’ont pas encore été intégralement prélevés.
  • Crédit immobilier, s’il existe, à distinguer des crédits à la consommation dans vos calculs.
  • Découvert bancaire régulier et dettes en retard, à noter séparément des mensualités contractuelles.

Distinguez les crédits à votre nom, ceux de votre conjoint et les éventuels engagements communs. Cette séparation évite d’attribuer automatiquement à une personne une dette qui ne lui appartient pas, tout en permettant d’évaluer les charges du foyer lorsque vous gérez un budget commun. Notez également si une mensualité est temporaire, variable ou déjà impayée.

Comment retrouver les montants exacts de chaque crédit ?

Pour chaque contrat, relevez le nom du prêteur, le montant prélevé, la date de prélèvement, la durée ou la date de fin connue, ainsi que le capital restant dû. Une mensualité prélevée ne correspond pas au solde à rembourser : elle peut comprendre intérêts et frais prévus au contrat. Si vous ne retrouvez plus un document, voici comment récupérer les informations essentielles d’un contrat de crédit perdu.

Rassembler et vérifier les informations

  1. Parcourez vos relevés bancaires

    Repérez les prélèvements récurrents et les paiements aux organismes de crédit. Remontez sur plusieurs mois pour ne pas manquer une échéance qui n’est pas prélevée chaque mois.

  2. Consultez les espaces et courriers de vos prêteurs

    Cherchez le dernier échéancier, le relevé annuel ou l’état de compte. En cas de doute, demandez par écrit le montant de la prochaine échéance et le capital restant dû.

  3. Complétez un tableau unique

    Inscrivez une ligne par contrat et conservez la date de vérification. Un tableau de suivi des crédits à rembourser aide à comparer les échéances sans mélanger mensualité, montant emprunté et solde restant.

Si un montant vous paraît incohérent, ne le corrigez pas au jugé : vérifiez le relevé ou demandez une confirmation au prêteur. Pour préparer un remboursement anticipé ou comparer un regroupement, le capital restant dû sur chaque crédit est plus utile que le montant initial emprunté. Gardez vos justificatifs dans un même dossier, papier ou numérique.

Comment calculer le taux d’endettement et le reste à vivre ?

Pour un repère personnel simple, divisez le total des mensualités de crédit par les revenus mensuels nets retenus pour le foyer, puis multipliez par 100. Gardez la même méthode d’un mois à l’autre et précisez ce que vous incluez : les revenus très variables peuvent être lissés sur plusieurs mois, sans présumer qu’ils seront toujours au même niveau. Des revenus irréguliers demandent une méthode d’évaluation adaptée.

Le reste à vivre est la somme qui demeure après les charges régulières et les dépenses indispensables. Pour l’estimer, soustrayez des revenus les mensualités de crédit, le logement, les factures essentielles et les dépenses courantes nécessaires au foyer. Cette estimation dépend de la composition du ménage et de ses besoins, elle ne se réduit pas à un seuil unique.

Exemple illustratif de calcul mensuel pour un foyer
PosteMontant
Revenus nets du foyer2 600 euros
Mensualités de crédits640 euros
Loyer780 euros
Autres dépenses essentielles820 euros
Reste après ces postes360 euros
Dans cet exemple, le taux de mensualités de crédit sur revenus est de 640 ÷ 2 600 × 100, soit environ 24,6 %. Le reste de 360 euros dépend des postes retenus et n’inclut pas les dépenses non essentielles.

Les paiements en plusieurs fois peuvent disparaître une fois la dernière échéance passée, mais ils pèsent sur le budget tant qu’ils restent dus. Pour les intégrer sans les confondre avec un prêt classique, vérifiez s’il faut compter un paiement fractionné dans vos crédits mensuels. Comparez ensuite le reste à vivre aux dépenses réellement observées, pas seulement à une estimation théorique.

Quels signes montrent que les crédits deviennent difficiles à gérer ?

Un budget tendu ne signifie pas automatiquement que vous êtes surendetté. En revanche, plusieurs signes qui se répètent justifient un examen rapide : retards de paiement, découvert fréquent, factures reportées ou recours à une nouvelle réserve pour payer une ancienne mensualité. Repérez les signes d’un budget fragilisé par les crédits avant que les retards ne s’accumulent.

  • Les prélèvements sont rejetés ou vous devez choisir quelles échéances payer.
  • Le solde du compte passe régulièrement sous zéro avant la fin du mois.
  • Vous utilisez un crédit pour couvrir des dépenses courantes ou d’autres remboursements.
  • Vous ne savez plus quel montant sera prélevé ni à quelle date.
  • Les dépenses indispensables, comme le logement, l’énergie ou l’alimentation, sont repoussées pour régler des crédits.

Ces éléments ne permettent pas, à eux seuls, de déterminer une situation juridique. Ils indiquent toutefois qu’il faut agir sur des données vérifiées, plutôt que d’attendre un nouvel impayé. Si vous avez déjà du retard, conservez les courriers reçus et notez les sommes réclamées, en distinguant principal, intérêts et frais.

Que faire après avoir établi votre état des lieux ?

Votre tableau sert d’abord à choisir une démarche proportionnée. Si les échéances restent payables mais que leur calendrier complique la gestion du mois, vous pouvez demander au créancier quelles possibilités sont prévues par le contrat ou s’il accepte un aménagement. Une demande ne vaut pas accord : continuez à vérifier les prélèvements et faites confirmer toute modification par écrit.

Si le budget ne couvre plus les dépenses essentielles et les dettes, contactez rapidement un point conseil budget, dont l’accompagnement est gratuit et confidentiel, ou un travailleur social. Le dépôt d’un dossier de surendettement auprès de la Banque de France est gratuit et peut être étudié lorsque vous êtes dans l’impossibilité manifeste de faire face à vos dettes non professionnelles exigibles et à échoir. Les conditions et les démarches sont détaillées dans la rubrique surendettement.

Questions fréquentes

À quelle fréquence faut-il faire le point sur ses crédits ?

Refaites votre bilan dès qu’un crédit commence ou se termine, que vos revenus changent ou qu’une dépense importante apparaît. Si votre budget est serré, une vérification mensuelle des prélèvements et du solde restant permet de repérer plus tôt un écart. Même sans difficulté, une revue régulière évite d’oublier une réserve ou un paiement temporaire.

Le taux d’endettement suffit-il pour savoir si mon budget est tenable ?

Non. Il compare les mensualités de crédit aux revenus, mais ne montre pas combien il reste après le loyer, les factures et les dépenses indispensables. Deux foyers ayant le même taux peuvent avoir des marges très différentes selon leur logement, leur nombre d’enfants ou leurs dépenses de santé. Regardez donc le taux et le reste à vivre ensemble.

Le seuil de 35 % s’applique-t-il aux crédits à la consommation ?

Non, ce seuil concerne les crédits immobiliers dans le cadre des règles du Haut Conseil de stabilité financière. Il ne constitue pas une limite légale générale pour les crédits à la consommation. Les prêteurs évaluent chaque demande selon leurs critères, et un taux inférieur à 35 % ne prouve pas que les mensualités seront adaptées à votre budget.

Un mois difficile signifie-t-il que je suis en situation de surendettement ?

Pas nécessairement. Le surendettement répond à des conditions précises, notamment l’impossibilité manifeste de faire face à l’ensemble des dettes non professionnelles exigibles et à échoir, avec une exigence de bonne foi. Une baisse temporaire de revenus appelle tout de même une réaction rapide : vérifiez les échéances, prévenez les créanciers concernés et demandez un accompagnement si le budget ne couvre plus les dépenses essentielles.

Que faire si les prélèvements observés ne correspondent pas à mon tableau ?

Vérifiez d’abord les dates et les montants sur plusieurs relevés, car une échéance peut varier ou être prélevée à une date différente. Comparez ensuite les opérations avec le dernier échéancier et les courriers du prêteur. Si l’écart demeure, demandez une explication écrite avant de modifier vos calculs ou de contester le prélèvement.

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