
Êtes-vous éligible à la procédure de surendettement ?
Résidence, bonne foi, dettes personnelles et capacité de remboursement : les critères qui déterminent l’accès à la procédure.
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Le dépôt auprès de la commission de surendettement de la Banque de France est gratuit et s’adresse aux personnes de bonne foi qui ne peuvent plus faire face à leurs dettes non professionnelles. La recevabilité ouvre des protections, puis une solution adaptée, du rééchelonnement à l’effacement dans les cas prévus.

L’essentiel

Résidence, bonne foi, dettes personnelles et capacité de remboursement : les critères qui déterminent l’accès à la procédure.

Préparez vos justificatifs, déclarez toutes vos dettes et gardez une preuve du dépôt de votre dossier de surendettement.

Crédits en cours, loyers, impôts, découverts ou dettes contestées : voici ce qu’il faut signaler à la commission de surendettement.

Un dépôt individuel est possible, mais les dettes communes, le régime matrimonial et les ressources du foyer doivent être examinés avec soin.

Après le dépôt, distinguez l’attente de la recevabilité et la mise en place des mesures pour gérer crédits et dépenses courantes sans décision précipitée.

Après la recevabilité, certaines dettes et procédures sont encadrées, mais vos dépenses courantes et plusieurs démarches restent à votre charge.

Après un refus de la commission, vérifiez le délai de contestation et transmettez rapidement un recours motivé avec vos justificatifs.

Plan conventionnel, mesures imposées ou effacement : comprenez les échéances et les démarches à suivre si votre situation change.

La commission peut réduire ou effacer certaines dettes selon vos ressources, votre patrimoine et les règles propres à chaque créance.

La commission étudie ensemble la maison, le prêt immobilier, les autres dettes et le budget, sans garantir le maintien ou la vente du logement.

Quand une baisse de revenus ou un événement familial rend les mensualités intenables, voici comment réagir sans laisser les impayés s’accumuler.
Le surendettement désigne l’impossibilité manifeste de faire face à l’ensemble de ses dettes non professionnelles, qu’elles soient déjà exigibles ou à venir. Si vous êtes une personne physique et de bonne foi, vous pouvez déposer gratuitement un dossier auprès de la commission de surendettement de la Banque de France. La procédure peut aboutir à un rééchelonnement, à des mesures imposées ou, dans certaines situations, à un effacement de dettes.
La commission examine la situation globale du foyer : ressources, charges, patrimoine et dettes. Il ne suffit pas d’avoir plusieurs crédits ou un taux d’endettement élevé. Le critère central est l’impossibilité manifeste de faire face aux dettes non professionnelles exigibles et à échoir, avec une démarche de bonne foi.
Un salaire ou un logement propriétaire n’exclut donc pas automatiquement un dépôt. La commission tient compte de la situation réelle, notamment des revenus disponibles et des dépenses nécessaires. Pour vérifier les critères de plus près, consultez les conditions à remplir pour déposer un dossier de surendettement.
Le dossier doit présenter les dettes et la situation financière de façon complète et sincère. Il concerne les dettes non professionnelles, mais toutes ne peuvent pas être effacées. Les pensions alimentaires, les amendes pénales, certaines réparations dues aux victimes après une condamnation pénale et les dettes issues d’une fraude aux organismes sociaux font partie des dettes qui ne peuvent pas être effacées. La commission doit néanmoins disposer d’une vue d’ensemble pour examiner le dossier.
Le dépôt est gratuit et peut se faire en ligne, par courrier ou au guichet de la Banque de France. Préparez les éléments qui permettent de décrire vos ressources, vos charges, vos biens et vos dettes : relevés, contrats et courriers de créanciers, par exemple. La liste et les modalités pratiques sont détaillées dans le guide pour déposer un dossier de surendettement.
Les premières démarches
Rassemblez les informations
Recensez les crédits, retards de paiement, dettes courantes, ressources et dépenses du foyer. Signalez les changements de situation et joignez les justificatifs demandés.
Décrivez votre situation sans omission
Déclarez les dettes et les éléments de patrimoine de manière exacte. La commission a besoin de ces informations pour apprécier la situation et proposer une orientation adaptée.
Gardez une copie et suivez les échanges
Conservez le dossier transmis et les courriers reçus. Répondez aux demandes de pièces afin que l’examen puisse avancer.
Le dépôt ne suspend pas, à lui seul, les prélèvements ni toutes les démarches des créanciers. Ne cessez pas de payer de votre propre initiative si vous pouvez encore régler une échéance : demandez conseil sur la conduite à tenir pendant l’attente et contactez vos créanciers en cas de difficulté. Pour savoir quelles dettes déclarer, voyez les dettes à inscrire dans un dossier de surendettement.
Pendant l’examen, la commission étudie votre situation et peut demander des précisions. Elle dispose de trois mois pour décider si le dossier est recevable. Tant que cette décision n’est pas prise, le dépôt ne met pas en place les protections attachées à la recevabilité.
| Étape | Ce qu’elle signifie | Point de vigilance |
|---|---|---|
| Dépôt du dossier | La commission reçoit les informations sur la situation financière et les dettes. | Le dépôt seul ne suspend pas automatiquement les paiements ou les procédures. |
| Examen de la recevabilité | La commission vérifie si les conditions légales sont réunies. | Elle dispose de trois mois pour se prononcer. |
| Dossier recevable | Le débiteur est inscrit au FICP et certaines procédures d’exécution sur ses biens sont suspendues ou interdites. | La suspension dure au plus deux ans et ne signifie pas que les dettes sont effacées. |
Si le dossier est refusé, la décision est communiquée au débiteur, qui peut la contester selon les modalités indiquées dans la notification. Si la commission déclare le dossier recevable, les protections s’appliquent et l’examen se poursuit pour déterminer une solution. Les démarches à effectuer après la recevabilité dépendent notamment de la situation budgétaire et du patrimoine.
La recevabilité ne fixe pas à elle seule le montant à rembourser et n’efface pas les dettes. La commission cherche une mesure compatible avec la situation du foyer et sa capacité de remboursement. Selon le dossier, les créanciers peuvent accepter un plan ou la commission peut imposer des mesures.
| Issue | Principe | Effet principal |
|---|---|---|
| Plan conventionnel | Un accord est recherché avec les créanciers. | Les remboursements sont organisés selon les modalités prévues au plan. |
| Mesures imposées | La commission peut notamment rééchelonner les dettes, réduire les taux ou prévoir un effacement partiel. | Les mesures s’imposent dans le cadre prévu par la procédure. |
| Rétablissement personnel sans liquidation | Cette issue peut être retenue si la situation est irrémédiablement compromise et qu’il n’existe pas de patrimoine saisissable de valeur. | Les dettes concernées peuvent être effacées. |
| Rétablissement personnel avec liquidation | Une liquidation judiciaire peut être décidée par le juge lorsque la situation le justifie. | Le traitement des biens et des dettes suit la procédure judiciaire. |
Un plan organise les remboursements, mais il suppose que les échéances prévues restent compatibles avec le budget. Les modalités concrètes sont expliquées dans le dossier sur le fonctionnement d’un plan de surendettement. L’effacement n’est pas automatique : il dépend de l’issue retenue et ne concerne pas les dettes exclues par la loi.
En cas de rétablissement personnel, l’inscription au FICP dure cinq ans. Pour un plan, elle couvre sa durée dans la limite de sept ans, et peut être ramenée à cinq ans si le plan est exécuté sans incident. Les situations permettant un effacement de dettes par la commission doivent être distinguées d’un simple rééchelonnement.
La recevabilité entraîne l’inscription au FICP et suspend ou interdit les procédures d’exécution sur les biens du débiteur pour deux ans au plus. Pendant la procédure, vous ne devez pas aggraver votre endettement ni vendre vos biens sans autorisation. Ces protections ne signifient ni que toutes les démarches des créanciers cessent, ni que les dettes disparaissent.
La commission détermine la capacité de remboursement en laissant au foyer une part de ses ressources au moins égale au montant forfaitaire du RSA applicable à sa composition. Elle prend aussi en compte les dépenses courantes, notamment le logement, la nourriture, la scolarité et la santé. Le budget retenu peut donc différer d’un calcul reposant uniquement sur les mensualités de crédit.
Être propriétaire ne signifie pas automatiquement que le logement sera vendu. La durée des mesures peut dépasser sept ans lorsqu’il faut éviter la vente de la résidence principale, mais la solution dépend du dossier. Les conséquences pour un propriétaire confronté au surendettement méritent un examen précis de ses ressources, de ses dettes et de son patrimoine.
Commencez par faire un état fidèle des dettes, des échéances, des revenus et des dépenses indispensables. Si vous hésitez entre un dépôt et une négociation avec les créanciers, comparez la capacité de remboursement réelle avec les sommes dues, sans prendre de nouveau crédit pour masquer un déficit durable. Un rachat de crédits peut réduire une mensualité, mais allonger la durée et augmenter le coût total ; il ne remplace pas la procédure de surendettement lorsque les critères de celle-ci sont réunis.
Si un plan devient impossible à respecter, ne laissez pas les impayés s’accumuler sans réagir : contactez la commission et demandez quelles démarches correspondent à votre situation. L’objectif est de traiter la difficulté au plus tôt, sans aggraver l’endettement ni promettre un résultat que la procédure ne garantit pas.
Non. Avoir un emploi n’empêche pas de déposer un dossier. La commission examine la situation dans son ensemble et recherche si la personne, de bonne foi, est manifestement incapable de faire face à ses dettes non professionnelles exigibles et à échoir. Les revenus sont pris en compte avec les charges, le patrimoine et les dettes ; aucun seul niveau de salaire ne permet de conclure automatiquement.
Non, le dépôt auprès de la commission de surendettement de la Banque de France est gratuit. Il peut être effectué en ligne, par courrier ou au guichet. Méfiez-vous d’une personne qui vous réclamerait des frais pour déposer le dossier à votre place en prétendant agir au nom de la commission. Gardez les justificatifs transmis et les courriers reçus pendant l’examen.
La commission dispose de trois mois pour se prononcer sur la recevabilité du dossier. Ce délai correspond à la décision sur l’accès à la procédure, pas à la durée totale de traitement des dettes. Si le dossier est recevable, la commission doit encore déterminer les mesures adaptées à la situation. Le dépôt seul n’active pas les protections qui découlent de la recevabilité.
Non, l’inscription au FICP ne signifie pas en elle-même une interdiction générale d’avoir un compte bancaire. Elle est notamment prise en compte par les prêteurs lorsqu’ils examinent une demande de crédit, sans créer un droit automatique à obtenir un nouveau prêt. Si une banque refuse l’ouverture d’un compte, le droit au compte peut permettre de demander à la Banque de France la désignation d’un établissement.
Non. L’effacement n’est pas automatique et dépend de la solution retenue après l’examen du dossier. Certaines dettes ne peuvent pas être effacées, notamment les pensions alimentaires, les amendes pénales, les réparations pécuniaires dues aux victimes dans le cadre d’une condamnation pénale et les dettes issues d’une fraude aux organismes sociaux. Un rééchelonnement ou une baisse des taux peut être retenu à la place.
La détention d’un bien ne suffit pas, à elle seule, à exclure le dépôt. La commission examine le patrimoine avec les ressources, les charges et les dettes pour apprécier la situation et orienter le dossier. La procédure peut conduire à des solutions différentes selon la capacité de remboursement et les biens concernés. Pendant la procédure, ne vendez pas vos biens sans autorisation.