L’essentiel
- La commission peut proposer ou imposer un effacement partiel, mais elle peut aussi retenir un plan sans effacement.
- Le rétablissement personnel peut effacer les dettes concernées si la situation est irrémédiablement compromise.
- La capacité de remboursement et les biens réalisables orientent le dossier vers un plan ou une liquidation.
- Les pensions alimentaires, certaines amendes et les dettes issues de fraudes sociales ne peuvent pas être effacées.
- La recevabilité entraîne une inscription au FICP, mais l’effacement ne supprime pas toutes les obligations financières.
La Banque de France peut aboutir à l’effacement de tout ou partie de vos dettes si votre dossier de surendettement est recevable et si les mesures de remboursement ne suffisent pas à régler votre situation. Un effacement total relève principalement du rétablissement personnel, réservé aux situations irrémédiablement compromises. Si vous disposez d’une capacité de remboursement, la commission peut plutôt organiser un plan, éventuellement accompagné d’un effacement partiel.
Le dépôt d’un dossier ne déclenche donc pas, à lui seul, l’annulation des crédits. La commission examine vos ressources, vos dépenses, vos dettes et votre patrimoine, puis vous notifie son orientation et les mesures envisagées. Certaines dettes restent exclues de l’effacement, et les co-emprunteurs ou cautions ne sont pas automatiquement libérés.
Quels mécanismes peuvent réduire ou effacer vos dettes ?
Une dette effacée n’est pas simplement reportée : le créancier ne peut plus en réclamer le paiement au débiteur concerné, sous réserve des dettes exclues et des droits qui peuvent subsister à l’égard d’autres personnes engagées dans le contrat. La commission choisit une réponse adaptée à la situation. Un plan peut laisser une partie des dettes à rembourser, tandis que le rétablissement personnel peut conduire à un effacement beaucoup plus large.
Un plan peut prévoir des remboursements et un effacement partiel
Si votre budget permet de consacrer une somme au remboursement, la commission peut établir un plan conventionnel négocié avec vous et les créanciers. Si aucun accord n’est trouvé, elle peut, dans les conditions prévues par la procédure, imposer des mesures telles qu’un rééchelonnement, une baisse des taux ou un effacement partiel. Ces mesures peuvent être combinées : une partie des dettes est remboursée, une autre est effacée.
Un effacement partiel n’est pas une réduction automatique calculée à partir du montant total dû. Il dépend des ressources retenues, des dépenses nécessaires au foyer, de la durée des mesures et de la nature des créances. Pour comprendre le fonctionnement des échéances et des sommes à payer, consultez notre page sur le plan de remboursement en surendettement.
Le rétablissement personnel peut effacer les dettes concernées
La commission peut orienter vers un rétablissement personnel lorsque la situation est irrémédiablement compromise, c’est-à-dire lorsque les mesures de remboursement ne permettent pas d’envisager une sortie réaliste du surendettement. Sans liquidation judiciaire, cette procédure peut effacer les dettes concernées lorsqu’il n’existe pas de patrimoine réalisable de valeur. Avec liquidation judiciaire, des biens peuvent être vendus pour payer les créanciers, puis le solde des dettes effaçables peut être annulé.
Le rétablissement personnel n’est pas un choix que le déposant peut exiger en cochant une case. La commission apprécie les faits et applique la procédure adaptée. Une liquidation peut aussi toucher le logement ou d’autres biens de valeur : être propriétaire ne rend pas le dossier irrecevable, mais le patrimoine immobilier doit être examiné précisément.
| Issue | Situation généralement examinée | Conséquence principale |
|---|---|---|
| Plan de remboursement | Une capacité de remboursement existe | Les dettes sont remboursées selon un échéancier, parfois avec des taux réduits. |
| Effacement partiel | La capacité de remboursement ne permet pas de régler toutes les dettes | Une partie est réglée selon les mesures, une autre peut être effacée. |
| Rétablissement sans liquidation | Situation irrémédiablement compromise et absence de biens réalisables de valeur | Les dettes effaçables peuvent être annulées sans vente de patrimoine. |
| Rétablissement avec liquidation | Situation irrémédiablement compromise et patrimoine pouvant être réalisé | Des biens sont vendus, puis les dettes effaçables restantes peuvent être annulées. |
Comment la capacité de remboursement et le patrimoine orientent-ils le dossier ?
La capacité de remboursement correspond à la somme que le foyer peut consacrer aux dettes après prise en compte de ses ressources et de ses dépenses courantes. La commission évalue notamment les charges de logement, d’alimentation, de santé et de scolarité. Elle doit laisser au foyer une part de ressources au moins égale au montant forfaitaire du RSA applicable à sa composition, en tenant compte de ses dépenses.
Une faible capacité ne signifie pas automatiquement un effacement total. Si une somme peut être affectée aux créanciers, même modeste, un plan ou des mesures de remboursement peuvent être envisagés. À l’inverse, une capacité nulle ou très réduite, associée à une situation durablement bloquée, peut conduire à étudier un rétablissement personnel. Le montant des dettes, à lui seul, ne permet pas de prévoir la décision.
Le patrimoine est examiné séparément du revenu mensuel. Un véhicule nécessaire pour travailler, des biens indispensables à la vie courante ou un logement ne s’apprécient pas comme une somme disponible sur un compte. Pour le rétablissement personnel avec liquidation, la possibilité de vendre certains biens et ce que cette vente permettrait de rembourser entrent dans l’analyse. La valeur réelle, les frais et la situation du foyer comptent davantage que la seule existence d’un bien.
La durée des mesures est en principe limitée à 7 ans, sauf lorsqu’une durée supérieure est nécessaire pour éviter la vente de la résidence principale. Cette exception ne garantit pas le maintien du logement : elle permet à la commission d’examiner une solution de remboursement qui évite sa vente, lorsque les conditions le permettent. Un dossier avec un bien immobilier mérite donc une présentation précise des charges, de la valeur du bien et de son rôle dans la vie du foyer.
Quelles dettes peuvent rester dues après un effacement ?
Les crédits à la consommation, y compris les prêts personnels et les crédits renouvelables, peuvent en principe être examinés dans le dossier lorsqu’il s’agit de dettes non professionnelles. Les dettes de la vie courante peuvent également être concernées selon leur nature. Toutes les sommes réclamées ne sont toutefois pas nécessairement traitées de la même façon : il faut les déclarer avec leurs justificatifs et vérifier leur nature.
Certaines dettes ne peuvent pas être effacées dans la procédure : les pensions alimentaires, les amendes pénales, les réparations pécuniaires accordées aux victimes dans le cadre d’une condamnation pénale et les dettes issues d’une fraude aux organismes sociaux. D’autres créances relèvent de règles particulières ou doivent être examinées au cas par cas. La page sur les dettes prises en compte dans un dossier de surendettement détaille les catégories à déclarer.
- Déclarez toutes les dettes, même si vous pensez qu’elles ne pourront pas être effacées : la commission doit connaître la situation complète.
- Signalez les dettes contestées ou les montants qui vous paraissent inexacts, avec les courriers, contrats ou relevés utiles.
- Distinguez les dettes personnelles des dettes liées à une activité professionnelle, qui ne relèvent pas du même traitement.
- Ne confondez pas l’effacement d’une dette avec la libération d’un co-emprunteur ou d’une caution : leur engagement doit être vérifié séparément.
- Ne comptez pas sur la procédure pour annuler des factures ou des dettes contractées après le dossier : elles peuvent rester à votre charge.
Quelles étapes et notifications précèdent l’effacement ?
La commission ne prononce pas un effacement immédiat à la réception du dossier. Elle commence par vérifier si les conditions de recevabilité sont réunies : être une personne physique de bonne foi et ne pas pouvoir faire face à l’ensemble de ses dettes non professionnelles exigibles et à échoir. Elle dispose de 3 mois pour se prononcer sur la recevabilité. Le dépôt est gratuit et peut être effectué en ligne, par courrier ou au guichet de la Banque de France.
Une fois le dossier recevable, la commission examine les dettes, les ressources, les charges et les biens, puis choisit une orientation. Elle peut rechercher un accord pour un plan conventionnel, imposer des mesures lorsque la procédure le permet, ou orienter vers un rétablissement personnel. Pour les modalités pratiques, appuyez-vous sur les étapes du dépôt d’un dossier de surendettement.
Les vérifications à suivre avant qu’un effacement s’applique
Déposer un dossier complet
Rassemblez les contrats, relevés de dettes, justificatifs de ressources, charges du foyer et éléments sur le patrimoine. Déclarez chaque créancier et expliquez les changements récents de situation.
Attendre la décision de recevabilité
La recevabilité ouvre la procédure et entraîne l’inscription au FICP. Elle ne signifie pas encore que vos dettes sont effacées. Lisez la notification et suivez les consignes qu’elle contient.
Examiner l’orientation et les mesures proposées
La commission transmet ou notifie les mesures aux personnes concernées. Vérifiez les montants, les créances retenues, la durée et les éventuelles dettes exclues.
Respecter les délais de contestation indiqués
Le débiteur ou un créancier peut, dans les cas prévus, contester une décision ou des mesures. La notification précise la voie à suivre et le délai applicable : ne laissez pas passer cette échéance.
Appliquer les mesures lorsqu’elles sont devenues effectives
Un effacement ne s’applique qu’après l’achèvement des formalités prévues pour l’issue retenue. Conservez les décisions et les courriers, puis vérifiez les relevés de dettes et les éventuelles demandes de paiement.
En cas de rétablissement personnel avec liquidation, le juge intervient dans la procédure et la vente des biens concernés peut précéder l’effacement du solde éligible. Sans liquidation, la procédure peut aboutir à un effacement sans vente de patrimoine, mais les parties disposent des voies de contestation prévues. Dans les deux cas, la notification reçue est déterminante : elle indique la décision, ses effets et les démarches possibles.
Quels sont les effets de l’effacement pour les créanciers et le FICP ?
Lorsque l’effacement devient applicable, les créanciers concernés ne peuvent plus réclamer au débiteur le paiement des sommes effacées, ni poursuivre leur recouvrement comme si la dette restait due. Cela ne signifie pas que les paiements déjà effectués sont remboursés. L’effacement porte sur les dettes visées par la procédure, et non sur tous les engagements financiers du foyer.
Un effacement ne libère pas automatiquement une autre personne qui a signé le contrat. Si un proche est co-emprunteur ou s’est porté caution, le créancier peut conserver des droits à son égard selon le contrat et les règles applicables. Avant de conclure qu’une dette est entièrement éteinte pour toutes les personnes concernées, vérifiez la notification et les engagements de chacun.
La recevabilité entraîne une inscription au FICP. Pour un plan, l’inscription dure pendant la durée du plan dans la limite de 7 ans, et elle est ramenée à 5 ans si le plan est exécuté sans incident. En cas de rétablissement personnel, l’inscription dure 5 ans. Le FICP n’est pas une dette supplémentaire, mais il peut rendre l’accès à un nouveau crédit plus difficile.
Que ne signifie pas un effacement de dettes ?
Un effacement n’équivaut pas à la disparition de toute obligation financière. Les dépenses courantes continuent : loyer, énergie, assurance, alimentation et frais de santé restent à payer. Les nouvelles dettes, les créances exclues et les sommes qui ne sont pas visées par la mesure peuvent également rester dues.
La procédure ne garantit pas non plus un retour immédiat à l’emprunt. Le FICP peut limiter l’accès au crédit pendant la durée de l’inscription, et les prêteurs restent libres d’appliquer leurs critères. Évitez de compter sur un nouveau crédit pour régler les dépenses du mois ou pour couvrir une dette qui vient d’être effacée : cela peut fragiliser à nouveau le budget.
Enfin, une décision de la commission ne règle pas nécessairement un désaccord sur l’existence ou le montant d’une créance. Si une dette est contestée, conservez les preuves et utilisez la voie indiquée dans les courriers reçus. Pour être accompagné sans frais dans la préparation de votre budget et de vos démarches, vous pouvez solliciter un accompagnement budgétaire gratuit auprès d’un Point conseil budget, d’un CCAS ou d’un travailleur social.
Que préparer pour que la commission évalue correctement votre situation ?
La qualité des informations transmises facilite l’examen du dossier. Une dette oubliée, une charge mal expliquée ou un bien non déclaré peut conduire à des échanges supplémentaires et compliquer l’évaluation de votre capacité de remboursement. Il ne s’agit pas de présenter une situation parfaite, mais de fournir une image fidèle et vérifiable de votre budget.
Avant et après le dépôt, vérifiez ces éléments
- Recenser tous les crédits, découverts, retards de paiement et dettes courantes, avec le montant demandé par chaque créancier.
- Réunir les justificatifs de ressources et de charges, y compris les dépenses de santé ou les frais liés aux enfants.
- Décrire les biens détenus et les éventuelles évolutions récentes du foyer, sans omettre un compte ou un engagement commun.
- Lire chaque notification dès sa réception et noter les délais de réponse ou de contestation.
- Conserver une copie du dossier, des preuves d’envoi, des décisions de la commission et des courriers des créanciers.
- Ne pas souscrire de nouveau crédit, ne pas vendre de bien sans autorisation et signaler rapidement tout changement de situation.
La décision dépend de l’ensemble de ces éléments et ne peut pas être déduite d’un seul chiffre, comme le total des crédits ou le montant des revenus. Si vous n’êtes pas d’accord avec une décision, suivez les indications et les délais mentionnés dans la notification. La commission, et selon les cas le juge, déterminent les suites prévues par la procédure.
Questions fréquentes
La commission de surendettement peut-elle effacer un crédit renouvelable ?
Oui, un crédit renouvelable peut être examiné et, selon l’issue du dossier, faire l’objet d’un rééchelonnement ou d’un effacement partiel ou total. Il faut déclarer le solde dû et fournir les informations disponibles sur le contrat. L’effacement n’est pas automatique : la commission tient compte de la capacité de remboursement, du patrimoine et des autres dettes. Les éventuels co-emprunteurs ou cautions ne sont pas nécessairement libérés par la décision.
Peut-on obtenir un effacement total sans vendre ses biens ?
C’est possible dans le cadre d’un rétablissement personnel sans liquidation, si la situation est irrémédiablement compromise et qu’il n’existe pas de patrimoine réalisable de valeur. La commission apprécie les biens et leur utilité, ainsi que les ressources et les charges du foyer. Si des biens peuvent être vendus, une procédure avec liquidation peut être envisagée. La présence d’un logement ne permet donc pas, à elle seule, de prévoir l’issue.
Un dossier de surendettement efface-t-il les dettes dès son dépôt ?
Non. Le dépôt ouvre l’examen du dossier, mais ne supprime aucune dette. La commission doit d’abord se prononcer sur sa recevabilité, puis examiner la situation et notifier les mesures ou l’orientation retenue. La recevabilité entraîne une protection contre certaines procédures d’exécution et une inscription au FICP, mais l’effacement ne devient applicable qu’après les étapes prévues pour la mesure concernée.
Les impôts et les dettes de loyer peuvent-ils être effacés ?
La commission examine les dettes non professionnelles déclarées, y compris des dettes de la vie courante, mais leur traitement dépend de leur nature et des règles applicables. Certaines catégories sont exclues de l’effacement, notamment les pensions alimentaires, les amendes pénales, les réparations dues aux victimes d’une infraction et les dettes issues d’une fraude aux organismes sociaux. Déclarez les impôts, loyers ou charges impayés et attendez que la commission précise leur traitement.
Dois-je arrêter de payer mes crédits après avoir déposé le dossier ?
Le dépôt, à lui seul, ne suspend pas les échéances. La recevabilité entraîne certaines protections, mais ne signifie pas que chaque mensualité est automatiquement annulée. Si vous ne parvenez plus à régler une échéance, ne contractez pas une nouvelle dette pour la couvrir et prenez connaissance des consignes reçues de la commission. La conduite à tenir dépend du stade de la procédure et de votre situation budgétaire.
Combien de temps reste-t-on inscrit au FICP après un effacement ?
En cas de rétablissement personnel, l’inscription au FICP dure 5 ans. Lorsqu’un plan est mis en place, l’inscription suit la durée du plan dans la limite de 7 ans ; elle est ramenée à 5 ans si le plan est exécuté sans incident. La recevabilité entraîne déjà une inscription pendant l’examen du dossier. Vous pouvez consulter gratuitement votre situation auprès de la Banque de France.



