L’essentiel
- Relisez chaque contrat de crédit et d’assurance : une garantie perte d’emploi n’est ni automatique ni identique d’un prêt à l’autre.
- Établissez un budget avec l’allocation chômage estimée et les dépenses essentielles avant de décider quelles mensualités demander à aménager.
- Contactez les prêteurs avant la première échéance difficile et demandez par écrit les modalités, le coût et la durée de tout report.
- Ne financez pas les mensualités avec une réserve renouvelable ou un nouveau crédit : cela augmente la dette sans rétablir vos revenus.
- Le délai de grâce, le rachat de crédits et le surendettement répondent à des situations différentes et ne sont pas des solutions automatiques.
Après une perte d’emploi, vérifiez immédiatement si chacun de vos crédits est couvert par une assurance perte d’emploi, puis estimez vos revenus et vos dépenses essentielles. Prévenez les prêteurs avant la prochaine échéance si vous prévoyez de ne pas pouvoir la payer : demandez quelles solutions temporaires sont possibles et faites confirmer toute réponse par écrit.
Ne prenez pas un nouveau crédit pour payer les anciens et ne puisez pas dans une réserve renouvelable. Ces démarches peuvent creuser la dette alors que votre revenu baisse. Si la baisse de ressources risque de durer ou si les mensualités sont déjà impossibles à tenir, un accompagnement budgétaire gratuit peut vous aider à choisir la bonne voie.
Que faire dès les premiers jours après la perte d’emploi ?
Commencez par réunir vos contrats, relevés de compte, échéanciers et courriers de licenciement ou de fin de contrat. Notez pour chaque crédit la mensualité, la date de prélèvement, le capital restant dû et les coordonnées de l’assureur, s’il y en a un. Si vous ne retrouvez pas un document, demandez-en une copie au prêteur.
Votre plan d’action pour les premières semaines
Dans les premiers jours
Signalez votre changement de situation à France Travail et vérifiez si vous pouvez percevoir l’allocation chômage. Lancez en parallèle la vérification des garanties d’assurance de vos crédits, sans attendre le premier prélèvement refusé.
Dès que vous avez une estimation de revenus
Refaites votre budget avec les montants et dates de versement prévus, les ressources des autres membres du foyer et les dépenses essentielles. Repérez la première échéance qui pourrait poser problème.
Avant cette échéance
Appelez chaque prêteur concerné, expliquez la baisse de revenus et demandez les aménagements envisageables. Confirmez ensuite votre demande par écrit et conservez les réponses.
Chaque semaine au début
Mettez à jour les revenus effectivement reçus, les dépenses et les réponses des créanciers. Si les difficultés s’aggravent ou concernent plusieurs dettes, contactez rapidement un service d’accompagnement budgétaire.
Il peut s’écouler un délai entre la fin du salaire et le premier versement d’une allocation, et le montant final peut différer de l’estimation. Construisez donc un calendrier de trésorerie avec les dates réelles attendues, pas seulement un total mensuel. Pour retrouver vos échéances et soldes, vous pouvez utiliser un tableau de suivi de vos crédits.
L’assurance perte d’emploi peut-elle payer vos mensualités ?
Une assurance liée au crédit peut prendre en charge tout ou partie des mensualités après une perte d’emploi, mais seulement si vous avez souscrit cette garantie et si votre situation remplit les conditions du contrat. Elle est distincte de l’allocation chômage : percevoir cette allocation ne déclenche pas automatiquement l’assurance du prêt. Vérifiez séparément chaque crédit, car les garanties et les assureurs peuvent varier.
Quelles conditions vérifier dans le contrat ?
Cherchez la notice d’assurance, le certificat d’adhésion ou les conditions particulières. Relevez la définition du chômage couvert, les situations exclues, le délai de carence, la franchise, la durée maximale d’indemnisation et le plafond de prise en charge. Ces termes et leurs effets dépendent du contrat : il n’existe pas de délai ni de montant universel.
| Point à vérifier | Ce que cela signifie | Question à poser |
|---|---|---|
| Événement couvert | Le contrat définit les formes de perte d’emploi prises en charge et les exclusions. | Mon type de rupture de contrat ouvre-t-il droit à la garantie ? |
| Délai de carence | Une période après l’adhésion peut devoir s’écouler avant que la garantie puisse jouer. | La date de mon adhésion permet-elle une prise en charge ? |
| Franchise | Un délai peut s’appliquer entre le début du chômage et le premier paiement de l’assurance. | À partir de quelle date une indemnisation pourrait-elle commencer ? |
| Montant et durée | La prise en charge peut être partielle, plafonnée ou limitée dans le temps. | Quelle part de l’échéance et combien de mensualités peuvent être couvertes ? |
| Déclaration et justificatifs | Le contrat fixe les démarches et pièces à transmettre pour déclarer le sinistre. | Quel formulaire utiliser et quelle est la date limite de déclaration ? |
Comment déclarer le sinistre sans perdre de temps ?
Contactez l’assureur indiqué dans les documents du crédit et demandez la procédure de déclaration ainsi que la liste des justificatifs. Selon le contrat, il pourra vous demander des documents relatifs à la fin du contrat de travail, à votre inscription comme demandeur d’emploi ou à vos droits à indemnisation. Envoyez le dossier par le moyen prévu et gardez une copie datée de chaque pièce.
Une démission ou une rupture conventionnelle peut faire partie des exclusions ou être soumise à des conditions particulières, mais la réponse dépend de la rédaction du contrat. Ne partez pas du principe que la garantie sera refusée ou acceptée sans l’avoir vérifiée. Pendant l’instruction, continuez à rechercher un accord avec le prêteur : la déclaration d’assurance ne suspend pas à elle seule les prélèvements.
Comment recalculer le budget avec l’allocation chômage ?
Faites le budget avant de décider si vous pouvez continuer à payer toutes les mensualités. Inscrivez les revenus réellement attendus, y compris ceux des autres personnes du foyer, puis les dépenses nécessaires au logement, à l’énergie, à l’alimentation, aux déplacements, à la santé et aux assurances. Ajoutez les prélèvements de crédit et les paiements fractionnés en cours.
Pour évaluer l’allocation, utilisez les informations fournies par France Travail et distinguez le montant estimé du montant confirmé. Si vous n’êtes pas encore indemnisé ou si le premier versement est décalé, prévoyez ce trou de trésorerie à part. Le calcul de votre budget mensuel avec plusieurs crédits peut vous aider à ne pas oublier une échéance ou une dépense régulière.
Cet exemple ne prédit pas le montant de votre allocation ni celui de vos dépenses. Il montre pourquoi un revenu global ne suffit pas à décider : comparez ce qui entre et sort aux dates où les sommes sont réellement versées et prélevées. Pour chaque dépense, notez si elle est indispensable, ajustable ou ponctuelle, sans supprimer une couverture nécessaire sans en mesurer les conséquences.
Que demander aux prêteurs avant la première échéance manquée ?
Appelez le service indiqué sur le relevé ou le contrat, exposez le changement de revenus et donnez une estimation prudente de sa durée. Demandez une solution compatible avec votre budget actuel, pas seulement un report qui repousserait le même problème de quelques semaines. Un prêteur peut examiner une demande d’aménagement, mais il n’est pas tenu d’accepter toute proposition.
- Un report d’échéance, en demandant s’il porte sur le capital, les intérêts ou toute la mensualité et à quelle date les paiements reprendront.
- Une baisse temporaire de mensualité, en précisant sa durée, le nouveau montant et la façon dont les sommes reportées seront remboursées.
- Un allongement de la durée, en demandant le nouveau calendrier, le coût total et les frais éventuels.
- Une modification de la date de prélèvement si le décalage entre vos revenus et vos échéances provoque un découvert.
- Le traitement d’une échéance déjà rejetée, avec le détail des frais, intérêts ou démarches de recouvrement susceptibles de s’ajouter.
Demandez une réponse écrite indiquant la mensualité modifiée, les dates, la durée de l’accord, les conséquences sur le coût total et le sort de l’assurance emprunteur. Vérifiez si l’accord modifie le contrat et s’il faut le signer. Ne considérez pas une demande en cours comme acceptée et ne stoppez pas un prélèvement de votre propre initiative sans avoir compris les conséquences.
Pour préparer votre échange, vous pouvez reprendre les éléments d’une lettre de demande de délai après une difficulté financière. Si un report est envisagé, vérifiez aussi les conséquences pratiques d’un report d’échéance de crédit à la consommation. Gardez une copie de votre courrier et consignez la date de chaque appel.
Quelles dépenses protéger si l’argent ne suffit pas ?
Quand le budget ne permet pas de tout régler, protégez d’abord les besoins essentiels et la stabilité du foyer : logement, alimentation, énergie, santé et déplacements nécessaires. Une interruption de logement ou d’énergie peut aggraver rapidement la situation. Les crédits restent des dettes à traiter, mais payer une mensualité au détriment des besoins de base ne résout pas le manque de ressources.
Il n’existe pas de classement universel applicable à chaque foyer : une dette assortie d’une procédure, une pension alimentaire, une dette fiscale ou un crédit garanti peut avoir des conséquences différentes. Si vous avez reçu un acte officiel, une mise en demeure ou une notification de saisie, demandez conseil rapidement. Pour organiser les paiements et savoir quelles factures traiter en premier, consultez notre page sur la priorité entre factures et crédits.
Quand envisager un délai de grâce, un rachat ou le surendettement ?
Choisissez la démarche en fonction de la durée probable de la baisse de revenus, du budget après dépenses essentielles et du nombre de dettes concernées. Une difficulté courte mais documentée ne se traite pas forcément comme une impossibilité durable de rembourser plusieurs créanciers. Avant de vous engager, vérifiez que la solution réduit réellement le risque d’impayé et ne reporte pas une charge devenue insoutenable.
Le délai de grâce vise une difficulté temporaire
Si vos difficultés sont passagères et que vous prévoyez de pouvoir reprendre les paiements, vous pouvez demander au juge un report ou un échelonnement. Le délai de grâce peut atteindre deux ans. Il n’est pas automatique : préparez les justificatifs de la perte d’emploi, des ressources, des charges, des crédits et de vos démarches auprès des prêteurs.
Le simple fait de déposer une demande ne vaut pas accord et ne suspend pas automatiquement les échéances. Tant que vous n’avez pas de décision, ne partez pas du principe que les prélèvements sont arrêtés. Un professionnel du droit ou un service d’accès au droit peut vous aider à vérifier la procédure correspondant à votre situation.
Le rachat de crédits ne convient que si le nouveau remboursement reste supportable
Un rachat regroupe plusieurs crédits en un seul financement. Il peut réduire la mensualité en allongeant la durée, mais cette durée plus longue peut augmenter le coût total. La perte d’emploi peut rendre l’étude du dossier plus difficile, car le prêteur doit évaluer vos revenus, leur stabilité et votre capacité à rembourser. Un accord n’est jamais garanti.
Comparez le coût total du nouveau crédit, les frais et les éventuelles indemnités de remboursement anticipé avec ce qu’il reste à payer sur les prêts actuels. Ne retenez pas seulement le montant mensuel. Si votre budget est déjà déficitaire même après un aménagement, un rachat ne fait pas disparaître la dette et peut repousser le problème.
Le dossier de surendettement s’envisage si les dettes deviennent impossibles à régler
Vous pouvez déposer gratuitement un dossier auprès de la commission de surendettement de la Banque de France si vous êtes une personne physique de bonne foi et dans l’impossibilité manifeste de faire face à l’ensemble de vos dettes non professionnelles exigibles et à échoir. La perte d’emploi, seule, ne suffit pas à déterminer l’issue : la commission examine les ressources, les charges, les dettes et la situation du foyer. Elle dispose de trois mois pour se prononcer sur la recevabilité.
Le dépôt ne produit pas immédiatement toutes les protections. C’est la recevabilité qui entraîne notamment l’inscription au FICP et la suspension et l’interdiction des procédures d’exécution sur les biens du débiteur, pour deux ans au plus. Pendant la procédure, n’aggravez pas votre endettement et ne vendez pas vos biens sans autorisation. Les solutions peuvent aller d’un plan de remboursement à des mesures imposées ou, dans certains cas, à un rétablissement personnel.
Quels accompagnements gratuits mobiliser dès maintenant ?
Vous n’avez pas besoin d’attendre un impayé pour demander de l’aide. Un point conseil budget propose un accompagnement gratuit, confidentiel et ouvert à tous. Le CCAS de votre commune, un travailleur social du département ou un service social de la CAF peuvent également vous aider à examiner votre budget et les aides mobilisables.
Selon votre situation, un travailleur social peut vous orienter vers des aides liées au logement, à l’énergie ou aux dépenses courantes, et vous aider à préparer les échanges avec les créanciers. Un microcrédit personnel accompagné peut être étudié pour certains besoins précis, avec une garantie du Fonds de cohésion sociale, mais il reste un emprunt à rembourser et ne doit pas servir à masquer un budget durablement déficitaire.
Prenez rendez-vous avec les contrats, les courriers des prêteurs, les justificatifs de revenus et une liste de vos dépenses. Un accompagnement budgétaire gratuit peut vous aider à distinguer une difficulté temporaire d’un déséquilibre plus durable. Si la situation se tend avant le rendez-vous, prévenez les créanciers concernés et expliquez les démarches déjà engagées.
Questions fréquentes
Dois-je continuer à payer mes crédits si je suis au chômage ?
Oui, la perte d’emploi ne suspend pas automatiquement les mensualités prévues au contrat. Si vous ne pouvez plus les payer, contactez les prêteurs avant l’échéance et demandez un accord écrit pour un éventuel aménagement. Ne cessez pas un paiement de votre propre initiative en pensant qu’une demande de report ou une déclaration d’assurance suffit à suspendre le prélèvement.
L’assurance perte d’emploi couvre-t-elle une rupture conventionnelle ?
Cela dépend du contrat d’assurance. Une rupture conventionnelle peut être exclue ou soumise à des conditions particulières, comme d’autres formes de fin d’emploi. Consultez la notice et demandez une réponse écrite à l’assureur avant de conclure que la garantie s’applique. Vérifiez aussi les délais de carence et de franchise ainsi que les justificatifs à fournir.
Puis-je demander un report de mensualités dès que je perds mon emploi ?
Vous pouvez contacter le prêteur dès que la baisse de revenus est connue et demander un report, une baisse temporaire de mensualité ou un autre aménagement. L’accord n’est pas automatique et les modalités dépendent du contrat et de la réponse du prêteur. Demandez le nouveau calendrier, le coût éventuel, la date de reprise des paiements et les conséquences sur l’assurance par écrit.
La perte d’emploi suffit-elle pour déposer un dossier de surendettement ?
Non. Il faut notamment être dans l’impossibilité manifeste de régler l’ensemble de ses dettes non professionnelles exigibles et à échoir, et être de bonne foi. La commission examine toute la situation, dont les ressources, les charges et les dettes. Si le budget reste déficitaire malgré les démarches auprès des prêteurs, vous pouvez demander un accompagnement pour évaluer l’opportunité d’un dépôt.
Un rachat de crédits est-il possible quand on perçoit l’allocation chômage ?
Une demande peut être étudiée, mais l’acceptation dépend de l’évaluation du dossier par le prêteur et n’est pas garantie. L’allocation, la durée prévisible de la période sans emploi, les autres revenus et les charges peuvent entrer dans l’analyse. Comparez le coût total et la durée du nouveau financement : une mensualité plus faible peut résulter d’un remboursement beaucoup plus long.
À qui demander de l’aide si je ne peux plus payer mes factures et mes crédits ?
Vous pouvez contacter gratuitement un point conseil budget, le CCAS de votre commune ou un travailleur social du département ou de la CAF. Ces interlocuteurs peuvent vous aider à faire le point sur les ressources, les dépenses et les aides disponibles. Apportez les échéanciers, relevés, justificatifs de revenus et courriers reçus afin que l’évaluation soit complète.



