Rachat de crédits

Comment savoir si un rachat de crédits coûtera plus cher

Pour comparer le coût total d’un rachat de crédits, additionnez les sommes qu’il vous reste à payer sur vos prêts actuels à une même date, puis comparez-les à toutes les échéances et à tous les frais de l’offre. Une mensualité plus basse peut soulager le budget sans réduire la dépense totale, notamment si le nouveau prêt dure plus longtemps.

Par la rédaction de Sortir des Crédits ConsoMis à jour le 10 min de lecture

Deux bocaux de galets sont comparés sur un rebord de fenêtre en ville.

L’essentiel

  • Additionnez les échéances restantes de tous vos crédits à une date commune, assurance comprise si elle est prélevée séparément.
  • Comparez ce total aux échéances du regroupement, en ajoutant les frais payés à part et sans compter deux fois les frais financés.
  • Vérifiez les indemnités de remboursement anticipé et les coûts de garantie éventuels dans les décomptes et l’offre détaillée.
  • Une mensualité réduite peut correspondre à un remboursement plus long et à un coût total supérieur.
  • Comparez aussi les durées, les dates de fin et les hypothèses retenues, puis conservez les justificatifs des deux scénarios.

Pour savoir si un rachat de crédits est financièrement intéressant, comparez tout ce que vous paierez à partir de la même date, et pas seulement les mensualités. D’un côté, additionnez les échéances restantes de vos crédits actuels, assurance comprise. De l’autre, additionnez toutes les échéances du regroupement, les frais payés séparément et les coûts liés au remboursement anticipé qui ne seraient pas déjà inclus dans le nouveau prêt.

Cette comparaison indique si le regroupement réduit réellement la somme totale à débourser pour rembourser les mêmes dettes. Elle montre aussi le prix d’une mensualité plus faible : le remboursement peut s’étaler sur plusieurs années supplémentaires. Si l’offre inclut une somme de trésorerie en plus, isolez-la, car elle ne finance pas les mêmes crédits.

Pourquoi la nouvelle mensualité ne suffit-elle pas à comparer ?

La mensualité indique ce que vous devez prévoir chaque mois, mais elle ne donne pas le coût complet du crédit. Un regroupement peut faire passer plusieurs prélèvements élevés à une seule échéance plus faible, tout en prolongeant le remboursement. Vous pouvez alors retrouver une marge mensuelle immédiate et payer davantage au total.

La comparaison doit répondre à deux questions distinctes : combien paierez-vous chaque mois et combien paierez-vous jusqu’à la fin ? La première concerne la capacité à tenir le budget courant. La seconde mesure la dépense totale pour solder les crédits concernés, sous réserve que les deux scénarios portent sur les mêmes dettes et le même montant de trésorerie.

Comment calculer ce qu’il reste à payer sur les crédits actuels ?

Fixez d’abord une date de comparaison, par exemple la date à laquelle l’offre pourrait être mise en place. Pour chaque crédit, relevez le nombre d’échéances restant à partir de cette date et leur montant. Si le montant varie, utilisez l’échéancier réel plutôt qu’une multiplication approximative. Pour retrouver le capital restant dû et les échéances, demandez un décompte au prêteur ou consultez comment connaître le capital restant dû sur un crédit consommation.

Additionnez ensuite les paiements qui resteraient dus si vous gardiez chaque contrat jusqu’à son terme. Incluez les assurances emprunteur prélevées avec les échéances et celles facturées à part, tant qu’elles resteraient à payer. Ne confondez pas ce total avec le capital restant dû : le capital est utile pour vérifier le montant nécessaire au remboursement anticipé, mais il ne comprend pas tous les intérêts et frais futurs.

  • Pour un prêt à échéances fixes, multipliez la mensualité restante par le nombre d’échéances, puis vérifiez le résultat avec le tableau d’amortissement.
  • Pour un crédit renouvelable, relevez les paiements prévus et le solde, mais ne supposez pas que la mensualité restera identique si le contrat prévoit une variation.
  • Ajoutez les assurances ou frais récurrents payés séparément, et notez leur date de fin lorsqu’elle diffère de celle du crédit.
  • Écartez les échéances déjà réglées avant la date de référence et les dettes qui ne seront pas effectivement remboursées par l’opération.

Un tableau de suivi évite d’oublier une carte de magasin, un paiement fractionné ou un prélèvement d’assurance. Vous pouvez reprendre les colonnes utiles dans ce tableau de suivi des crédits à rembourser. La date de référence doit être identique pour chaque contrat, car une échéance payée entre deux simulations modifie à la fois le solde et le nombre de paiements restant.

Quels éléments inclure dans le coût du regroupement ?

Demandez une offre détaillée avec le montant emprunté, la durée, le nombre et le montant des échéances, le coût de l’assurance, ainsi que chaque frais. Le coût ne se résume pas au taux affiché : il dépend aussi de la durée, des garanties et des modalités de paiement. Le tableau ci-dessous aide à vérifier ce qui entre dans le calcul.

Éléments à comparer dans les deux scénarios
ÉlémentCrédits conservésRachat de crédits
ÉchéancesSomme des paiements restant dus à la date retenueSomme de toutes les échéances de l’offre jusqu’à son terme
AssurancePrimes restant dues, y compris si elles sont prélevées séparémentAssurance prévue par l’offre, ajoutée si elle n’est pas incluse aux échéances
Frais de dossier et d’intermédiationSeulement les frais futurs liés aux contrats conservésFrais de l’opération payés à part, ou déjà intégrés au montant emprunté
Remboursement anticipéAucune indemnité dans le scénario où les prêts sont conservés jusqu’au termeIndemnités applicables, sauf si elles sont déjà incluses dans le financement
GarantieFrais futurs prévus par les contrats actuels, s’il y en aCoût de la nouvelle garantie et frais liés à une garantie existante, si applicables
Un frais financé dans le nouveau prêt est déjà remboursé au fil des échéances : ne l’ajoutez pas une seconde fois au total.

Certains frais peuvent être payés directement, d’autres intégrés au montant emprunté. Dans le second cas, leur remboursement est déjà réparti dans les échéances du regroupement. Notez chaque montant et son mode de paiement pour éviter de le compter deux fois. Pour une garantie sur un bien immobilier, demandez aussi le détail des frais de mise en place et, si cela s’applique, des frais liés à la levée de la garantie précédente.

Comment intégrer l’assurance et les frais payés séparément ?

Si l’assurance est facultative, comparez les échéances avec et sans cette assurance, mais vérifiez que vous comparez bien deux couvertures équivalentes. Si elle est obligatoire pour obtenir les conditions de l’offre, incluez son coût dans le scénario de regroupement. Un simulateur de mensualité et de coût d’un crédit peut aider à contrôler les additions, mais les chiffres contractuels de l’offre restent la référence.

Les frais de dossier, d’intermédiation ou de garantie doivent apparaître dans les documents ou être expliqués par écrit. Pour un intermédiaire en opérations de banque, l’immatriculation à l’ORIAS est obligatoire et aucun paiement ne peut être exigé avant le déblocage effectif des fonds. Une demande d’argent avant l’octroi du crédit doit vous alerter.

Faut-il ajouter les indemnités de remboursement anticipé ?

Oui, si le regroupement solde des crédits avant leur échéance et que des indemnités sont prévues et applicables. Demandez à chaque prêteur un décompte de remboursement anticipé valable à une date précise. Ce montant sert à vérifier le financement nécessaire ; l’indemnité doit être ajoutée au coût du regroupement seulement si elle n’est pas déjà comprise dans les sommes financées et donc remboursées dans ses échéances.

Pour un crédit à la consommation amortissable, la loi plafonne l’indemnité à 1 % du montant remboursé si la durée restant à courir dépasse un an, et à 0,5 % si elle est d’un an ou moins. Aucune indemnité n’est due lorsque le montant remboursé par anticipation sur douze mois est inférieur à 10 000 euros. Un crédit renouvelable ne donne pas lieu à une indemnité de remboursement anticipé.

Pour un crédit immobilier, le plafond légal est de six mois d’intérêts sur le capital remboursé, sans dépasser 3 % du capital restant dû. Le contrat et les circonstances du remboursement déterminent les indemnités effectivement dues dans ces limites. Les modalités et les cas particuliers sont détaillés dans notre page sur les pénalités de remboursement anticipé d’un rachat de crédits.

Exemple : une mensualité réduite peut coûter plus cher au total

Prenons une illustration, avec trois crédits dont les échéances comprennent déjà les assurances : 280 euros pendant 12 mois, 190 euros pendant 30 mois et 120 euros pendant 48 mois. Le total restant à payer est de 3 360 euros pour le premier, 5 700 euros pour le deuxième et 5 760 euros pour le troisième, soit 14 820 euros.

Une offre hypothétique regroupe les mêmes dettes en 84 mensualités de 220 euros, assurance incluse. Les échéances représentent 18 480 euros. Si 300 euros de frais sont payés séparément et que les indemnités sont déjà prises en compte dans le financement, le total à débourser atteint 18 780 euros, soit 3 960 euros de plus que le scénario actuel.

Dans cet exemple, les échéances actuelles diminuent au fil du temps : après 12 mois, le premier crédit est terminé ; après 30 mois, le deuxième l’est aussi. Le regroupement maintient une échéance de 220 euros pendant sept ans. L’écart de 3 960 euros ne correspond pas aux seuls intérêts : il représente la différence entre les dépenses totales des deux scénarios, avec les frais mentionnés.

Cette illustration suppose que le regroupement rembourse exactement les mêmes dettes, sans trésorerie supplémentaire, et que les frais ne sont ni oubliés ni comptés deux fois. Une offre réelle peut avoir d’autres échéances, une assurance distincte ou des frais de garantie. Reprenez donc les montants de vos propres contrats et de l’offre, plutôt que de transposer l’exemple.

Comment interpréter l’écart et la durée proposée ?

Comparez la durée du nouveau prêt à celle de chaque crédit existant, et pas seulement à la durée maximale restante. Si le crédit le plus long se termine dans quatre ans et que le regroupement dure sept ans, vous ajoutez trois années de remboursement après la fin prévue de tous les prêts concernés. Cette période supplémentaire peut expliquer une partie de la baisse de mensualité et du coût global.

Deux résultats à distinguer

Mensualité plus basse

  • Réduit les prélèvements mensuels pendant la durée du nouveau prêt.
  • Peut rendre le budget courant plus respirable.
  • Ne prouve pas que le montant total à payer diminue.

Coût total plus faible

  • Suppose que tous les frais et assurances sont intégrés au calcul.
  • Compare les sommes payées jusqu’à la fin des deux scénarios.
  • Peut être absent même si la mensualité baisse nettement.

Notre lecture : Le regroupement peut être utile pour réduire une pression mensuelle même s’il coûte plus cher au total. Il faut alors décider si cet allègement vaut le coût supplémentaire et la durée ajoutée, en tenant compte de votre budget réel.

Si le nouveau prêt inclut une trésorerie supplémentaire, séparez-la du refinancement des crédits. Demandez le coût de l’offre sans cette somme, ou comparez l’écart en tenant compte de ce montant et de son propre remboursement. Sans cette distinction, vous pourriez attribuer au regroupement un surcoût qui finance en réalité une dette nouvelle.

Quelle méthode suivre pour comparer deux scénarios ?

Faites le calcul avec les mêmes dates et les mêmes dettes, puis gardez les pièces utilisées. Une simulation commerciale peut évoluer après l’étude du dossier ; le montant définitif peut intégrer des frais ou une assurance différents. Demandez une offre détaillée et contrôlez-la avec les décomptes de remboursement de vos prêteurs.

Votre comparaison en six étapes

  1. 1. Choisir une date commune

    Retenez la date envisagée de mise en place du regroupement. Recalculez les échéances restantes des crédits actuels à partir de cette date.

  2. 2. Établir le scénario sans rachat

    Additionnez tous les paiements restants, y compris les assurances séparées, en vérifiant les échéanciers et la date de fin de chaque contrat.

  3. 3. Demander les décomptes de remboursement

    Relevez le capital à solder et les indemnités éventuelles à la date prévue. Vérifiez si ces sommes figurent déjà dans le montant financé.

  4. 4. Reconstituer le coût complet de l’offre

    Additionnez les échéances jusqu’au terme, l’assurance non comprise, les frais payés à part et les coûts de garantie applicables.

  5. 5. Vérifier les sommes comparées

    Confirmez que l’offre rembourse les mêmes crédits. Isolez toute trésorerie supplémentaire et ne comptez pas deux fois les frais déjà financés.

  6. 6. Comparer montant, durée et budget

    Notez l’écart total, la baisse mensuelle au départ et le nombre de mois ajoutés. Conservez les simulations, échéanciers, décomptes et hypothèses.

Avant de retenir une offre

  • Les échéances actuelles ont été calculées à partir d’une même date.
  • L’assurance et les frais prélevés séparément apparaissent dans le calcul.
  • Les indemnités de remboursement anticipé sont vérifiées contrat par contrat.
  • Les frais de dossier, de courtage et de garantie sont chiffrés et leur mode de paiement est précisé.
  • La durée de chaque crédit actuel est comparée à celle du nouveau prêt.
  • Les frais déjà intégrés au montant emprunté ne sont pas ajoutés une seconde fois.
  • La trésorerie éventuellement versée en plus est isolée du coût de remboursement des crédits.

Que faire si le regroupement coûte plus cher au total ?

Un surcoût ne rend pas automatiquement l’offre inadaptée : un ménage peut privilégier une échéance soutenable pour éviter des incidents de paiement. Mais il faut mesurer le prix de cet allègement, vérifier que le budget pourra supporter la nouvelle mensualité et regarder si la durée ajoutée reste acceptable. Un calcul de budget avec les charges courantes aide à évaluer la marge réellement disponible.

Demandez si une durée plus courte, un montant financé différent ou la suppression d’une trésorerie supplémentaire modifie le coût, sans vous engager sur une échéance que le budget ne peut pas tenir. Vérifiez aussi si certains crédits peuvent être remboursés plus vite séparément. Les critères d’acceptation et les conditions proposées relèvent de l’étude du prêteur, et le taux d’endettement de 35 % ne constitue pas une règle générale applicable aux crédits à la consommation.

Si les remboursements sont déjà difficiles à assumer, un nouveau crédit n’est pas la seule piste. Un point conseil budget, un CCAS ou un travailleur social peut proposer gratuitement un accompagnement budgétaire. Lorsque le foyer ne peut manifestement plus faire face à ses dettes non professionnelles, le dépôt d’un dossier de surendettement auprès de la Banque de France est gratuit et mérite d’être examiné avec une personne compétente.

Questions fréquentes

Comment calculer le coût total d’un rachat de crédits ?

Additionnez toutes les échéances du nouveau prêt jusqu’à son terme, puis ajoutez l’assurance et les frais payés séparément. Comparez ce total à la somme des échéances restant dues sur les crédits actuels à la même date. Les frais déjà financés dans le nouveau prêt sont déjà compris dans ses échéances et ne doivent pas être ajoutés une seconde fois.

Un rachat de crédits avec une mensualité plus basse est-il forcément moins cher ?

Non. Une mensualité plus basse peut résulter d’une durée de remboursement plus longue, ce qui peut augmenter le total payé en intérêts, assurance et frais. Comparez le montant total des paiements jusqu’à la fin de chaque scénario, puis regardez séparément le soulagement mensuel obtenu et les années de remboursement ajoutées.

Dois-je comparer le capital restant dû ou les échéances restantes ?

Pour comparer ce que vous paierez au total, additionnez les échéances restant dues si vous conservez vos crédits. Le capital restant dû sert plutôt à vérifier la somme nécessaire pour solder un prêt à une date précise. Il ne représente pas, à lui seul, tous les paiements que vous auriez effectués en gardant le contrat jusqu’à son terme.

Les indemnités de remboursement anticipé sont-elles toujours dues ?

Non. Elles dépendent du type de crédit, du montant remboursé, de la durée restante et des règles applicables. Un crédit renouvelable ne donne pas lieu à une indemnité de remboursement anticipé. Pour les autres crédits, demandez un décompte à chaque prêteur et vérifiez si l’indemnité est déjà intégrée au financement du regroupement.

Comment comparer deux offres de rachat de crédits ?

Comparez les offres à la même date, pour le même montant de dettes remboursées et sans confondre une éventuelle trésorerie avec le refinancement. Relevez le total des échéances, l’assurance, les frais, les garanties et la durée. Demandez une offre détaillée et conservez les hypothèses, car une simulation peut différer des conditions définitives.

Faut-il inclure l’assurance dans le coût total du regroupement ?

Oui, si elle reste à payer dans le scénario étudié. Ajoutez les primes d’assurance des crédits actuels lorsqu’elles sont prélevées à part, et celles du nouveau prêt si elles ne sont pas incluses dans ses échéances. Vérifiez si l’assurance est facultative ou requise pour obtenir les conditions proposées, ainsi que la couverture effectivement prévue.